Article actualisé le 3 juin 2026, Cédric Balauze, Minorquevacances.fr
Vous avez vu ces sandales sur Instagram, dans un magazine de mode ou aux pieds d’une amie qui revenait de Minorque. Moi, je les porte depuis 2008. Ce sont les avarcas, sandales artisanales traditionnelles de l’île, et à Minorque, tout le monde en a au moins une paire. Oui, des artisans minorquins fabriquent les vraies avarcas sur l’île : une dizaine d’entreprises locales produisent environ 300 000 paires par an, exportées dans le monde entier. Mais entre les originales et les copies vendues à bas prix sur internet, la différence est réelle. Je vous donne ici les conseils que je donne à mes proches quand ils me posent la question.
Les avarcas, une chaussure minorquine avec une vraie histoire

Les avarcas naissent au XVIIe siècle comme chaussure de travail pour les paysans de l’île. Semelle en caoutchouc de pneus recyclés, cuir épais, lanière cousue à la main : le modèle original répond avant tout à des critères pratiques. Solide, léger, adapté aux terrains rocailleux du littoral minorquin.
La commercialisation démarre vraiment dans les années 1950, d’abord pour les touristes qui débarquent à Mahon avec leurs valises. Quand je suis arrivé sur l’île en 2008, les avarcas étaient déjà un réflexe d’achat pour tous les visiteurs. Ce qui a changé depuis, c’est l’explosion des copies et la montée en gamme des collections.
Ce qui n’a pas changé en trois siècles : la semelle en caoutchouc recyclé, la tige en cuir (ou synthétique pour les modèles vegan), et la couture à la main. Ce qui a changé : les couleurs, les motifs imprimés, les talons compensés, les paillettes. Aujourd’hui, toute la famille porte des avarcas à Minorque, des enfants aux grands-parents.
Combien coûtent des avarcas authentiques ?

C’est souvent la première question. Voici les fourchettes que j’observe sur place en 2026, après avoir fait le tour des boutiques à Mahon et Ciutadella ce printemps :
Pour un modèle classique en cuir naturel (noir, marron, blanc), comptez environ 35 euros en boutique sur l’île. Les modèles avec imprimés ou détails tendance (paillettes, broderies, motifs floraux) montent à 45-60 euros. Les collections haut de gamme avec cuir de qualité supérieure ou talon compensé dépassent parfois les 70 euros.
Méfiance avec les prix très bas : une avarca à moins de 20 euros vendue en dehors des boutiques officielles est presque toujours une copie. La semelle colle au lieu d’être cousue, le cuir est rigide et ne se détend pas.
Comment reconnaître une vraie avarca minorquine ?
C’est la question que je pose moi-même quand je rentre dans une boutique que je ne connais pas. Trois vérifications rapides suffisent :
La semelle. Retournez la chaussure. Vous devez voir les points de couture qui relient la tige de cuir à la semelle. Pas de colle visible, pas de jointure lisse : les coutures doivent être apparentes et régulières.
Le poids. Une avarca d’origine pèse plus qu’une copie, car la semelle en caoutchouc de pneus recyclés est dense. Si la chaussure vous semble légère comme une sandale de plage ordinaire, c’est mauvais signe.
La languette arrière. Testez sa flexibilité. Sur un modèle labellisé, la languette au niveau du talon d’Achille est souple et se plie facilement. Sur une copie, elle résiste ou craque.
Un label vous enlève tout doute : le label « Avarca de Menorca », délivré par l’association des artisans locaux, garantit que des artisans minorquins ont fabriqué la sandale sur l’île selon les méthodes traditionnelles. Demandez-le au vendeur si vous avez un doute.
Quelle taille choisir pour des avarcas ?
C’est le conseil pratique que tout le monde oublie de me demander avant d’acheter. Le cuir des avarcas se détend au bout de deux jours de port. Si vous hésitez entre deux pointures, prenez toujours la plus petite.
Concrètement : je chausse du 42 et je prends du 41 en avarcas. Les premières heures sont un peu serrées, mais dès le deuxième jour, la chaussure épouse parfaitement le pied.
Pour les enfants, idem : le cuir se détend vite, inutile de prendre de la marge.
Où acheter des avarcas authentiques à Minorque ?
Voici les adresses que je recommande et les options selon votre situation.
Les boutiques des fabricants sur l’île
La meilleure garantie d’authenticité reste d’acheter directement chez un producteur local. Voici les noms que je recommande, présents principalement à Mahon et Ciutadella :
- Avarca Pons,
- Mibo
- Ria
- Castell
- Guelmi
La plupart disposent d’une boutique en centre-ville et d’un atelier ou d’une usine en dehors. Si vous êtes à Ciutadella, les rues piétonnes du centre concentrent plusieurs adresses. J’alterne les marques depuis des années et depuis l’an dernier je porte des Castell : confort, finitions, rien à redire.
Quelle est la meilleure marque ? La qualité est homogène entre les artisans labellisés : vous ne ferez pas un mauvais choix chez l’un d’eux. Ce qui diffère, c’est le style et la gamme de couleurs proposée selon les saisons. Personnellement, j’ai porté plusieurs marques au fil des années et je suis revenu chez Castell depuis l’an dernier : un excellent rapport qualité/durabilité que je recommande sans hésiter.
L’usine Ria à Ferreries : visite gratuite et boutique
Voici un bon plan que j’indique systématiquement à mes groupes lors des randonnées sur le Camí de Cavalls (sentier côtier qui fait le tour de l’île) : l’usine Ria, installée dans la zone industrielle de Ferreries (à 25 minutes de Mahon, 20 minutes de Ciutadella), ouvre ses portes au public. J’y suis entré une dizaine de fois et la visite reste courte mais marquante : on comprend en 30 minutes pourquoi une avarca d’origine coûte ce qu’elle coûte. Depuis une plateforme en hauteur, vous observez la fabrication en temps réel : découpe du cuir, couture des semelles, finitions. L’entrée est gratuite et une boutique vend les modèles de la collection directement au prix usine.
C’est un détour qui vaut le coup si vous passez dans cette zone, en combinaison avec la visite du village de Ferreries.
Acheter des avarcas en ligne depuis la France
Vous voulez offrir une paire avant de partir, ou vous avez craqué sur un modèle que vous n’avez pas acheté sur place ? La quasi-totalité des producteurs cités ci-dessus disposent désormais d’un site de vente en ligne. Tapez le nom du fabricant directement : vous achetez à la source, avec les mêmes garanties d’authenticité qu’en boutique.
À éviter : les plateformes généralistes (Amazon, AliExpress) pour des avarcas « de Minorque ». Les vendeurs tiers n’ont aucun lien avec l’île et vous trouvez systématiquement des copies.
Une précaution honnête : même chez les artisans reconnus, les photos des sites en ligne ne rendent pas toujours justice aux couleurs réelles. Le marron « naturel » peut varier selon les lots de cuir. Si la couleur exacte compte pour vous, achetez sur place.
Comment entretenir ses avarcas ?
Trois gestes simples pour prolonger la durée de vie de vos avarcas :
Après chaque contact avec l’eau de mer, rincez la semelle à l’eau douce et laissez sécher à l’ombre. Le cuir exposé trop longtemps au sel peut durcir. Une fois rentrés à la maison, un peu de crème pour cuir naturel deux à trois fois par saison suffit à entretenir la tige. Pour les modèles en synthétique, un chiffon humide fait l’affaire.
Je peux vous confirmer qu’une paire bien entretenue dure facilement cinq à six saisons. Ma dernière paire d’Avarca Pons a tenu sept étés avant que je décide d’en racheter une, non pas parce qu’elle était usée, mais parce que j’avais craqué sur un nouveau modèle.
Les avarcas ne sont pas le seul souvenir qui vaut le détour à Minorque. Si vous préparez votre liste shopping avant de partir, j’ai listé mes meilleures adresses et coups de cœur dans un guide complet :
👉Que ramener de Minorque : ma sélection personnelle.
Vous préparez votre séjour et les avarcas sont sur votre liste ? Retrouvez tous mes conseils pratiques, de la réservation du vol jusqu’aux derniers préparatifs, dans mon guide pour préparer son séjour à Minorque.
Questions fréquentes sur les avarcas
Oui, après les deux premiers jours d’adaptation. La semelle amortit bien et la tige en cuir souple s’adapte à la morphologie du pied. Je les porte pour me balader en ville, aller à la plage, au restaurants.
Oui, tous les artisans proposent des modèles mixtes et des lignes spécifiquement masculines. Les modèles hommes sont généralement plus épais et moins colorés, mais les designs évoluent chaque saison.
